Innenheim

Krautergersheim

Meistratzheim

Valff

Bourgheim

Bourgheim

Message du curé pour la nouvelle année 2024

Demeurer sur le chemin des Béatitudes…

En ces premiers jours de 2024, que souhaiter de plus que le déjà lu, entendu, exprimé ? La santé bien entendu, la sérénité assurément, le bonheur évidemment. Je vous souhaite de continuer à emprunter, avec liberté et enthousiasme, le chemin des Béatitudes. Chacun d’entre nous est appelé à être heureux et à rendre heureux, en réponse au Sermon sur la montagne de Jésus. Prenons le temps cette année de lire et de méditer les chapitres 5, 6 et 7 de l’Évangile de Matthieu ; ils nous indiquent un chemin de sérénité et de paix pour toute personne qui se demande : « Que dois-je faire pour avoir la vie en plénitude ? » Une des réponses toujours actuelle sera de choisir de gravir les huit marches des Béatitudes afin de parvenir à la Béatitude. Laissons résonner cet appel révolutionnaire qui est la grande charte du christianisme.

Heureux le pauvre, c’est-à-dire le voyageur de l’essentiel, désencombré de l’accessoire et de l’inutile, qui reste ouvert aux autres et aux situations nouvelles. La foi commence lorsque je quitte ma suffisance et mon individualisme pour naître à la présence des autres et de Dieu. Être pauvre, c’est garder les bras ouverts pour donner, recevoir partager.

Heureux le doux, qui reconnait que le conflit existe, qu’il est inhérent à la vie, qu’il demeure présent dans nos familles, nos responsabilités, dans le monde et l’Église. La douceur est un combat non contre l’autre, mais contre soi-même pour trouver une réponse autre que la riposte, pour pratiquer la patience et le tact, l’écoute et le dialogue, l’estime et le respect de chacun.

Heureux celui qui a faim et soif de justice, il ne se satisfait pas de réparer ce qui a été blessé ni violenté. Il ne fige pas quelqu’un dans sa faute ni dans son passé, il accueille le pardon. Pardonner, c’est redonner la vie, c’est dire et se l’entendre dire : « Je ne t’en veux plus, je souhaite re-construire avec toi les ponts que les mots, les attitudes, les actions ont cassé ».

Heureux celui qui se met en peine pour les autres, qui reste attentif aux inquiétudes, aux souffrances, aux malheurs des autres. Accompagner patiemment, discrètement et souvent en silence, c’est dire « Ne t’inquiète pas, je suis là ». Être là dans l’inquiétude et le doute, tout simplement là pour soutenir, réconforter, écouter, prier.

Heureux le miséricordieux. La miséricorde se pratique tous les jours lorsque nous nous soucions de nos enfants, de notre famille, de nos voisins, de nos amis, des enfants et des adultes d’ici et d’ailleurs. Se déranger pour accueillir, répondre aux demandes, contribuer au bonheur des autres selon ses talents, c’est faire l’expérience vivante de l’hospitalité qui construit la vie.

Heureux le cœur droit et pur qui nomme ce qui est beau, grand et vrai, qui a des propos clairs et exigeants sur ce qui honore et fait grandir l’homme. La vérité nous rend libres, écrit Saint Jean. Ainsi nos paroles devraient être des paroles de bienveillance et de bienfaisance, non des paroles toxiques. Parler et agir avec tact, nuance, patience, générosité et respect.

Heureux l’artisan de paix. La paix est ce défi de vivre ensemble alors que nous sommes si différents les uns des autres, si conflictuels entre nous. Dans l’Évangile, la paix n’est pas l’absence de conflits, c’est au contraire le choix réfléchi de donner le dernier mot de toute parole et action à l’estime, au respect, à la dignité cde l’autre ; elle crée des ponts d’alliance.

Heureux le persécuté en mon nom. Il n’a jamais été facile de croire, d’oser penser, parler et agir autrement. Suivre Jésus, c’est résolument être original : partager au lieu de posséder, servir au lieu de se servir, pardonner au lieu de se venger, regarder et aimer au lieu de stigmatiser. Oser être différents non pas seuls, mais en Église, solidaires les uns des autres.

 

Le Discours de Jésus sur la montagne ne nous invite pas à suivre une morale de stricte observance dictée par les autorités. Il nous propose de vivre en éthique de l’alliance et de la responsabilité : nous pouvons choisir les paroles, les attitudes, les actions qui contribuent au bonheur. Osons choisir la vie, osons construire une Communauté de foi et d’espérance, en demeurant sur le chemin des Béatitudes.

 

                                                                                                                                                                                  André Pachod